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Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances

Les Compétences pour les intervenants en usage de substances au Canada proposent une approche éclairée par des données probantes permettant d’assurer une prestation uniforme des services dans les divers contextes et milieux du domaine. Cette approche s’applique aussi aux professionnels réglementés et non réglementés qui secondent les intervenants.

Pour que les organismes de services et leurs usagers puissent pleinement profiter des avantages que procurent les Compétences pour les intervenants en usage de substances au Canada, les organisations doivent bien comprendre en quoi consistent les compétences et leur utilité.

Les onglets ci-dessous vous aideront à mieux comprendre les avantages que pourraient avoir les compétences pour votre organisation et votre clientèle.

Vous trouverez de l’information sur les points suivants :

  • Pourquoi des compétences pour les intervenants;
  • À qui s’adressent les compétences;
  • Comment utiliser les compétences;
  • La différence entre les compétences comportementales et techniques;
  • Les aptitudes et les connaissances nécessaires pour divers postes;
  • Quatre niveaux de qualification et leur définition;
  • Un glossaire de termes à connaître.

Vous serez ainsi en mesure d’utiliser les Compétences pour les intervenants en usage de substances au Canada pour aider votre organisation à fournir des services professionnels et uniformes à votre clientèle.

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Ce qu’il faut savoir

Ce qu’il faut savoir

Le CCDUS a identifié des Compétences techniques et comportementales pour les intervenants en usage de substances au Canada, selon quatre niveaux de qualification

Compétences techniques

Les connaissances et aptitudes (c.-à-d. le côté pratique) d’un emploi; parfois appelées « compétences spécialisées ». S’acquièrent habituellement par les études et l’expérience.

Compétences comportementales

Les connaissances, les aptitudes et les valeurs (c.-à-d. la façon de faire un travail) requises pour occuper un emploi. S’acquièrent et se développent habituellement par l’expérience de vie et l’encadrement de mentors.

Niveaux de qualification

Chaque poste demande des compétences particulières, à un certain niveau de qualification. Les niveaux sont cumulatifs; ainsi, une personne qui doit avoir une compétence de base (niveau 2) doit également avoir la compétence préliminaire (niveau 1).

Les quatre niveaux de qualification, et la façon dont les connaissances et aptitudes qui s’y rapportent sont habituellement acquises, sont décrits dans le tableau ci-dessous. D’ailleurs, dans ce tableau, « expérience de vie » signifie tant une expérience passée ou présente directe de l’usage de substances, des troubles de santé mentale ou des troubles concomitants, qu’une expérience comme proche d’une personne touchée directement par l’usage de substances, des troubles de santé mentale ou des troubles concomitants.

Description des niveaux de qualification

Niveau de
qualification
Description
du niveau
Mode d’acquisition habituel de ces
connaissances et aptitudes à ce niveau
Niveau 1 Préliminaire Démontre des connaissances et des aptitudes de base, et sait mettre en application la compétence, avec de l’encadrement, dans des situations habituelles qui présentent des difficultés limitées ou inexistantes. Stages pour étudiants, expérience acquise grâce à un premier emploi, bénévolat, formation en cours d’emploi, cours de base au collège ou à l’université; obtention d’un diplôme ou d’un certificat, le tout pouvant être combiné à une expérience de vie.
Niveau 2 De base Démontre des connaissances et des aptitudes solides, et sait mettre en application la compétence et ses connaissances et aptitudes connexes, avec un encadrement minimal ou sans encadrement, dans une gamme complète de situations habituelles. A probablement besoin d’encadrement pour faire face à des situations nouvelles ou plus complexes. Expérience de travail mentionnée au niveau 1, obtention d’un diplôme collégial ou universitaire dans le domaine de la santé ou des services sociaux, participation à un programme de mentorat, formation en cours d’emploi, le tout pouvant être combiné à une expérience de vie.
Niveau 3 Intermédiaire Démontre des connaissances et des aptitudes approfondies, et sait mettre en application la compétence de façon uniforme et efficace dans des situations et milieux complexes et difficiles. Encadre d’autres professionnels. Obtention d’un diplôme universitaire dans le domaine de la santé mentale ou de l’usage de substances et plusieurs années d’expérience de travail; obtention d’un diplôme universitaire dans le domaine de la santé ou des services sociaux, ainsi que perfectionnement professionnel et expérience de travail; obtention d’un diplôme ou d’un certificat dans le domaine de l’usage de substances, de la santé mentale ou dans d’autres domaines relatifs à la santé et aux services sociaux, perfectionnement professionnel et formation en cours d’emploi, le tout pouvant être combiné à une expérience de vie.
Niveau 4 Avancé Démontre des connaissances et des aptitudes expertes, et sait mettre en application la compétence dans les situations les plus complexes. Élabore ou facilite l’élaboration de nouvelles pratiques et politiques et de nouveaux programmes. Est reconnu comme un expert, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de son organisation. Fait preuve de leadership et participe à la prise de décisions, le cas échéant. Expérience de travail étendue ou obtention d’un diplôme universitaire de premier cycle ou des cycles supérieurs, le tout combiné à une vaste expérience de travail; obtention d’un diplôme ou d’un certificat combiné à un perfectionnement professionnel intense et démontré, de la formation en cours d’emploi et une vaste expérience de travail, le tout pouvant être combiné à une expérience de vie.

Indicateurs comportementaux

Les indicateurs comportementaux sont des exemples de ce qu’est un bon rendement, pour chaque niveau de qualification. Ils ne sont ni exhaustifs, ni obligatoires, mais ils servent de guide et aident à mieux saisir la notion.

La terminologie employée pour décrire ces indicateurs ne s’applique peut-être pas totalement à votre organisation, et vous voudrez peut-être ajouter d’autres indicateurs pertinents. Avant d’appliquer les indicateurs comportementaux aux postes de votre organisation, il faudra passer en revue les exemples proposés et les modifier en conséquence.

Exemple d’indicateurs comportementaux pour Adaptabilité et flexibilité

Préliminaire (niveau 1) De base (niveau 2) Intermédiaire (niveau 3) Avancé (niveau 4)
Fait volontiers preuve de flexibilité, exprime sa volonté de faire les choses différemment et voit le changement comme normal Reste efficace et garde un sens de la mesure dans des conditions changeantes ou incertaines Conseille les autres afin de les aider à s’adapter aux situations difficiles ou changeantes Met en œuvre des méthodes d’appui (p. ex. des programmes de recyclage professionnel) afin de permettre l’adaptation à des conditions imprévues et exigeantes liées à la modification de tâches

Pourquoi des
compétences?

Pourquoi des compétences?

Les compétences sont une méthode factuelle de renforcer la cohérence entre des rôles semblables, dans les divers contextes, pratiques et milieux du domaine de l’usage de substances.

Les antécédents des personnes qui travaillent dans ce domaine varient considérablement, que ce soit des travailleurs de première ligne ayant une formation universitaire tels que des conseillers en dépendance, des travailleurs sociaux et des infirmières, ou d’autres rôles comme des bénévoles ou des aînés autochtones. Il existe aussi de nombreux types de milieux de soins tels que les hôpitaux agréés et les centres de traitement avec hébergement, les centres communautaires pour groupes d’entraide, les centres de gestion du sevrage, les centres de soins privés et les sites de consommation supervisée.

Aborder le perfectionnement professionnel des intervenants du domaine dans une optique axée sur les compétences vient rehausser le degré de professionnalisme et d’uniformité de la pratique de ces façons :

  • définition des connaissances et aptitudes nécessaires aux intervenants en usage de substances et aux professionnels de domaines connexes;
  • accompagnement des employeurs dans l’embauche, le maintien en poste et le perfectionnement du personnel;
  • aide aux éducateurs et aux formateurs dans l’élaboration de contenu d’apprentissage;
  • meilleure définition des rôles et collaboration accrue entre équipes multidisciplinaires;
  • uniformisation de la qualité des services offerts à la population canadienne par les intervenants.

À qui s’adressent
les compétences?

À qui s’adressent les compétences?

Les Compétences techniques et comportementales pour les intervenants en usage de substances au Canada sont utiles aux personnes qui occupent toutes sortes de rôles dans le domaine.

Rôles pour qui les compétences sont utiles

Professionnels des services directs

  • Travailleurs de proximité dans des programmes de réduction des méfaits et de prévention de la consommation
  • Cliniciens et superviseurs dans des programmes de traitement
  • Personnel infirmier dans des programmes et services sur la consommation
  • Intervenants en promotion de la santé
  • Conseillers
  • Techniciens

Professionnels de la santé et de domaines connexes

  • Prestataires de soins primaires
  • Médecins
  • Praticiens spécialisés (médecins ou infirmières ayant une formation en santé mentale et en usage de substances)
  • Pharmaciens
  • Dentistes
  • Infirmières et infirmières praticiennes
  • Infirmières en médecine familiale
  • Sages-femmes
  • Ergothérapeutes
  • Physiothérapeutes
  • Infirmières en santé publique
  • Travailleurs sociaux
  • Intervenants en santé mentale
  • Travailleurs en hébergement
  • Conseillers en orientation en milieu scolaire
  • Fournisseurs de services d’urgence

Administrateurs ou haute direction

  • Personnel de bureau
  • Coordonnateurs de programmes
  • Superviseurs
  • Gestionnaires et cadres supérieurs
  • Directeurs généraux
  • Personnel des ressources humaines
  • Recruteurs

Éducateurs

  • Universitaires
  • Éducateurs
  • Personnel d’apprentissage et de perfectionnement

Chercheurs

  • Analystes des politiques
  • Conseillers en politiques
  • Chercheurs

Comment se servir
des compétences?

Comment se servir des compétences?

Les Compétences techniques et comportementales pour les intervenants en usage de substances au Canada se veulent un guide modifiable selon la description de poste, le milieu de travail et la culture de l’organisation, et non un guide normatif.

Les compétences peuvent être utilisées pour une gamme d’activités, notamment :

  • rédiger et préciser des profils d’emplois;
  • interviewer des candidats et déterminer s’ils ont les qualités nécessaires;
  • concevoir des formations et des cours tenant compte des compétences;
  • évaluer le rendement professionnel;
  • identifier et évaluer ses besoins en perfectionnement professionnel;
  • mieux planifier la relève.

Les compétences s’adressent aux organismes de certification et de réglementation, qui pourront les utiliser en conjonction avec des normes complémentaires et des exigences fédérales, provinciales et territoriales. Elles ne viennent pas remplacer la réglementation clinique ni les lignes directrices sur les pratiques exemplaires.

Glossaire

Glossaire

Ce glossaire définit quelques termes clés utilisés dans les Compétences techniques et comportementales pour les intervenants en usage de substances au Canada. Les définitions tiennent compte du contexte dans lequel les professionnels qui travaillent avec des personnes qui consomment des substances offrent des services.

Aptitude

La capacité de réaliser des tâches mentales ou physiques, en vue d’obtenir un résultat d’emploi précis. Comme les connaissances, les aptitudes peuvent être des tâches très concrètes et facilement identifiables, comme remplir une liste de vérification pendant une entrevue d’évaluation, ou des tâches moins tangibles et plus abstraites, comme gérer la participation citoyenne. Les aptitudes aident à déterminer si la formation et l’expérience d’une personne l’ont préparée à accomplir une activité professionnelle spécifique.

Autogestion de la santé

Application continuelle et voulue de mesures, sur les plans personnel et professionnel, afin de protéger et de préserver son bien-être, particulièrement en périodes de stress.

Bien-être

Peut se définir comme l’expérience de la santé, du bonheur et de la satisfaction de vivre. Prend des formes variées, selon la personne. Le bien-être englobe une gamme d’indicateurs tels que la santé physique, affective et mentale, une vie ayant un sens et un but, des liens avec autrui et la capacité à gérer son stress.

Connaissances

Savoir, information et compréhension des faits, des règles, des principes, des lignes directrices, des concepts, des théories et des processus nécessaires pour accomplir une tâche avec succès.

Dépistage (voir aussi Évaluation)

Bref procédé initial pendant lequel sont utilisés des instruments de dépistage lors d’une consultation avec une personne concernant son usage de substances et toute inquiétude connexe.

Éclairé par des données probantes

Approches de la prestation de services guidées par la meilleure recherche disponible et les connaissances tirées de la pratique, y compris le savoir traditionnel intégré pour des services culturellement appropriés. Les approches éclairés par des données probantes laissent place à l’innovation, tout en intégrant les connaissances tirées de la littérature de recherche existante et en étant sensibles aux antécédents culturels, aux valeurs communautaires et aux préférences individuelles. Les pratiques factuelles sont des pratiques validées par des données scientifiques documentées.

ENE (expérience négative durant l’enfance)

Une expérience négative durant l’enfance (ENE) est un événement négatif, stressant et traumatisant qui survient avant l’âge de 18 ans et qui peut poser un risque pour la santé pendant toute la vie (Initiative albertaine pour le bien-être de la famille, 2020; consulté sur le site : https://www.albertafamilywellness.org/what-we-know/aces). Quelques exemples d’ENE : violence ou négligence physique ou émotionnelle, violence sexuelle et dysfonctionnement familial. Plus une personne a vécu d’ENE, plus elle risque d’avoir de la difficulté plus tard dans sa vie, y compris un risque accru d’usage de substances et de troubles de santé mentale comme la dépression.

Évaluation (voir aussi Dépistage)

Processus suivi et en profondeur qui éclaire la démarche thérapeutique. Le praticien collabore avec la personne et la consulte pour voir si un problème existe ou non; cerne les forces, les obstacles à l’engagement et les domaines de résilience; et détermine si une intervention en cas de crise ou si l’aide, l’intervention ou le traitement d’un spécialiste est nécessaire.

Famille (voir aussi Soutien social)

Personnes ou groupes qui forment une famille dans le sens habituel et dans un sens plus large qui comprend tous ceux et celles qui jouent un rôle important dans le passé, le présent ou l’avenir de la personne qui veut aller mieux et pouvant ou bien lui apporter du soutien ou influer sur ses objectifs de bien-être. Ces proches sont notamment les conjoints, les partenaires, les enfants, les parents, les frères et sœurs, les amis, les aînés autochtones et tous ceux et celles qui jouent un rôle actif dans le système de soutien social de la personne.

Maladie mentale

Déficience de santé mentale ou trouble psychiatrique diagnostiqué par un praticien spécialisé et nécessitant un traitement, souvent à l’aide de médicaments. Voir le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e édition, DSM-5).

Personne touchée par l’usage de substances

Personnes, familles, amis, groupes, communautés ou organisations qui cherchent à obtenir de l’aide et du soutien en vue de réduire les méfaits de l’usage de substances et d’atteindre le bien-être, tel qu’ils le conçoivent.

Personne ayant une expérience passée ou présente

Personne qui a consommé ou qui consomme une ou plusieurs substances.

Personnes

Peut faire référence à un individu, une famille, un ami, un groupe, une communauté ou une organisation.

Praticien spécialisé

Psychiatres, psychologues et autres cliniciens réglementés ayant une formation en santé mentale et en usage de substances qui sont en mesure de diagnostiquer et de traiter des troubles de santé mentale et d’usage de substances.

Rétablissement

Le rétablissement est un processus dynamique en vue d’atteindre un bien-être exempt de stigmatisation et de discrimination et propre à la personne, à ses forces, à ses cultures et à ses expériences. La collaboration entre des services de plusieurs niveaux, dont les communautés, les secteurs et les systèmes, favorise le rétablissement. Il ne se limite pas à la personne, mais concerne aussi la famille, les pairs et les milieux de travail. Le rétablissement est multidimensionnel et met en jeu tous les aspects de la santé physique, sociale, mentale, émotionnelle et spirituelle.

Santé mentale

Continuum de bien-être psychologique et affectif sur lequel peut se situer une personne de temps à autre sans forcément être atteinte d’une maladie mentale. L’Organisation mondiale de la Santé définit la santé mentale comme un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté.

Soins tenant compte des traumatismes et de la violence

« Les approches tenant compte des traumatismes et de la violence sont des politiques et des pratiques qui reconnaissent les liens entre les traumatismes, la violence et leurs répercussions négatives sur la santé et les comportements. Ces approches sont favorables à la sécurité, au contrôle et à la résilience pour les personnes à la recherche de services liés à des expériences de violence ou qui ont des antécédents de telles expériences. » (gouvernement du Canada, 2018; consulté sur le site : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/securite-et-risque-pour-sante/approches-traumatismes-violence-politiques-pratiques.html)

Soutien social (voir aussi Famille)

Personnes ou groupes qui composent des réseaux sociaux, aînés autochtones, systèmes communautaires et tous ceux et celles qui jouent un rôle important dans le passé, le présent ou l’avenir de la personne, et pouvant ou bien lui apporter du soutien ou nuire à ses objectifs de bien-être.

Traumatisme

Événements qui excèdent la capacité d’adaptation d’une personne. Il peut s’agir d’événements traumatisants vécus durant l’enfance (p. ex. maltraitance, négligence, exposition à la violence) ou plus tard dans la vie (p. ex. accidents, guerre, catastrophes naturelles). Voir aussi ENE et Soins tenant compte des traumatismes et de la violence.

Troubles concomitants de santé mentale et d’usage de substances

Combinaison ou cooccurrence d’un trouble d’usage de substances et d’un trouble de santé mentale. Quelques exemples de troubles concomitants de santé mentale et d’usage de substances :

  • Consommation néfaste d’alcool et trouble anxieux
  • Dépendance au cannabis et schizophrénie
  • Dépendance à l’héroïne et trouble de la personnalité limite

Usage de substances (ou consommation de substances)

Auto-administration d’une substance psychoactive. Dans les compétences du CCDUS, le terme « usage de substances » inclut les situations où des professionnels travaillent avec des personnes qui consomment ou ont consommé des substances, ont reçu un diagnostic de trouble lié à l’usage de substances ou subissent des méfaits liés à leur usage de substances. Voir les critères du trouble lié à l’usage de substances dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e édition, DSM-5).

Valeur

Concepts qui valorisent l’émotion, éclairent les choix ou font avancer l’action. Elles correspondent à des principes, des croyances ou des critères qui permettent de déterminer ce qui est bien (meilleur ou optimal), significatifs ou bien parmi une gamme d’objets, d’actions, de modes de vie ainsi que de structures et d’institutions sociales et politiques. Les valeurs jouent un rôle au niveau des personnes, des institutions et des sociétés entières

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Ce qu’il faut savoir

Ce qu’il faut savoir

Le CCDUS a identifié des Compétences techniques et comportementales pour les intervenants en usage de substances au Canada, selon quatre niveaux de qualification

Compétences techniques

Les connaissances et aptitudes (c.-à-d. le côté pratique) d’un emploi; parfois appelées « compétences spécialisées ». S’acquièrent habituellement par les études et l’expérience.

Compétences comportementales

Les connaissances, les aptitudes et les valeurs (c.-à-d. la façon de faire un travail) requises pour occuper un emploi. S’acquièrent et se développent habituellement par l’expérience de vie et l’encadrement de mentors.

Niveaux de qualification

Chaque poste demande des compétences particulières, à un certain niveau de qualification. Les niveaux sont cumulatifs; ainsi, une personne qui doit avoir une compétence de base (niveau 2) doit également avoir la compétence préliminaire (niveau 1).

Les quatre niveaux de qualification, et la façon dont les connaissances et aptitudes qui s’y rapportent sont habituellement acquises, sont décrits dans le tableau ci-dessous. D’ailleurs, dans ce tableau, « expérience de vie » signifie tant une expérience passée ou présente directe de l’usage de substances, des troubles de santé mentale ou des troubles concomitants, qu’une expérience comme proche d’une personne touchée directement par l’usage de substances, des troubles de santé mentale ou des troubles concomitants.

Description des niveaux de qualification

Niveau de
qualification
Description
du niveau
Mode d’acquisition habituel de ces
connaissances et aptitudes à ce niveau
Niveau 1 Préliminaire Démontre des connaissances et des aptitudes de base, et sait mettre en application la compétence, avec de l’encadrement, dans des situations habituelles qui présentent des difficultés limitées ou inexistantes. Stages pour étudiants, expérience acquise grâce à un premier emploi, bénévolat, formation en cours d’emploi, cours de base au collège ou à l’université; obtention d’un diplôme ou d’un certificat, le tout pouvant être combiné à une expérience de vie.
Niveau 2 De base Démontre des connaissances et des aptitudes solides, et sait mettre en application la compétence et ses connaissances et aptitudes connexes, avec un encadrement minimal ou sans encadrement, dans une gamme complète de situations habituelles. A probablement besoin d’encadrement pour faire face à des situations nouvelles ou plus complexes. Expérience de travail mentionnée au niveau 1, obtention d’un diplôme collégial ou universitaire dans le domaine de la santé ou des services sociaux, participation à un programme de mentorat, formation en cours d’emploi, le tout pouvant être combiné à une expérience de vie.
Niveau 3 Intermédiaire Démontre des connaissances et des aptitudes approfondies, et sait mettre en application la compétence de façon uniforme et efficace dans des situations et milieux complexes et difficiles. Encadre d’autres professionnels. Obtention d’un diplôme universitaire dans le domaine de la santé mentale ou de l’usage de substances et plusieurs années d’expérience de travail; obtention d’un diplôme universitaire dans le domaine de la santé ou des services sociaux, ainsi que perfectionnement professionnel et expérience de travail; obtention d’un diplôme ou d’un certificat dans le domaine de l’usage de substances, de la santé mentale ou dans d’autres domaines relatifs à la santé et aux services sociaux, perfectionnement professionnel et formation en cours d’emploi, le tout pouvant être combiné à une expérience de vie.
Niveau 4 Avancé Démontre des connaissances et des aptitudes expertes, et sait mettre en application la compétence dans les situations les plus complexes. Élabore ou facilite l’élaboration de nouvelles pratiques et politiques et de nouveaux programmes. Est reconnu comme un expert, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de son organisation. Fait preuve de leadership et participe à la prise de décisions, le cas échéant. Expérience de travail étendue ou obtention d’un diplôme universitaire de premier cycle ou des cycles supérieurs, le tout combiné à une vaste expérience de travail; obtention d’un diplôme ou d’un certificat combiné à un perfectionnement professionnel intense et démontré, de la formation en cours d’emploi et une vaste expérience de travail, le tout pouvant être combiné à une expérience de vie.

Indicateurs comportementaux

Les indicateurs comportementaux sont des exemples de ce qu’est un bon rendement, pour chaque niveau de qualification. Ils ne sont ni exhaustifs, ni obligatoires, mais ils servent de guide et aident à mieux saisir la notion.

La terminologie employée pour décrire ces indicateurs ne s’applique peut-être pas totalement à votre organisation, et vous voudrez peut-être ajouter d’autres indicateurs pertinents. Avant d’appliquer les indicateurs comportementaux aux postes de votre organisation, il faudra passer en revue les exemples proposés et les modifier en conséquence.

Exemple d’indicateurs comportementaux pour Adaptabilité et flexibilité

Préliminaire (niveau 1) De base (niveau 2) Intermédiaire (niveau 3) Avancé (niveau 4)
Fait volontiers preuve de flexibilité, exprime sa volonté de faire les choses différemment et voit le changement comme normal Reste efficace et garde un sens de la mesure dans des conditions changeantes ou incertaines Conseille les autres afin de les aider à s’adapter aux situations difficiles ou changeantes Met en œuvre des méthodes d’appui (p. ex. des programmes de recyclage professionnel) afin de permettre l’adaptation à des conditions imprévues et exigeantes liées à la modification de tâches

Pourquoi des
compétences?

Pourquoi des compétences?

Les compétences sont une méthode factuelle de renforcer la cohérence entre des rôles semblables, dans les divers contextes, pratiques et milieux du domaine de l’usage de substances.

Les antécédents des personnes qui travaillent dans ce domaine varient considérablement, que ce soit des travailleurs de première ligne ayant une formation universitaire tels que des conseillers en dépendance, des travailleurs sociaux et des infirmières, ou d’autres rôles comme des bénévoles ou des aînés autochtones. Il existe aussi de nombreux types de milieux de soins tels que les hôpitaux agréés et les centres de traitement avec hébergement, les centres communautaires pour groupes d’entraide, les centres de gestion du sevrage, les centres de soins privés et les sites de consommation supervisée.

Aborder le perfectionnement professionnel des intervenants du domaine dans une optique axée sur les compétences vient rehausser le degré de professionnalisme et d’uniformité de la pratique de ces façons :

  • définition des connaissances et aptitudes nécessaires aux intervenants en usage de substances et aux professionnels de domaines connexes;
  • accompagnement des employeurs dans l’embauche, le maintien en poste et le perfectionnement du personnel;
  • aide aux éducateurs et aux formateurs dans l’élaboration de contenu d’apprentissage;
  • meilleure définition des rôles et collaboration accrue entre équipes multidisciplinaires;
  • uniformisation de la qualité des services offerts à la population canadienne par les intervenants.

À qui s’adressent
les compétences?

À qui s’adressent les compétences?

Les Compétences techniques et comportementales pour les intervenants en usage de substances au Canada sont utiles aux personnes qui occupent toutes sortes de rôles dans le domaine.

Rôles pour qui les compétences sont utiles

Professionnels des services directs

  • Travailleurs de proximité dans des programmes de réduction des méfaits et de prévention de la consommation
  • Cliniciens et superviseurs dans des programmes de traitement
  • Personnel infirmier dans des programmes et services sur la consommation
  • Intervenants en promotion de la santé
  • Conseillers
  • Techniciens

Professionnels de la santé et de domaines connexes

  • Prestataires de soins primaires
  • Médecins
  • Praticiens spécialisés (médecins ou infirmières ayant une formation en santé mentale et en usage de substances)
  • Pharmaciens
  • Dentistes
  • Infirmières et infirmières praticiennes
  • Infirmières en médecine familiale
  • Sages-femmes
  • Ergothérapeutes
  • Physiothérapeutes
  • Infirmières en santé publique
  • Travailleurs sociaux
  • Intervenants en santé mentale
  • Travailleurs en hébergement
  • Conseillers en orientation en milieu scolaire
  • Fournisseurs de services d’urgence

Administrateurs ou haute direction

  • Personnel de bureau
  • Coordonnateurs de programmes
  • Superviseurs
  • Gestionnaires et cadres supérieurs
  • Directeurs généraux
  • Personnel des ressources humaines
  • Recruteurs

Éducateurs

  • Universitaires
  • Éducateurs
  • Personnel d’apprentissage et de perfectionnement

Chercheurs

  • Analystes des politiques
  • Conseillers en politiques
  • Chercheurs

Comment se servir
des compétences?

Comment se servir des compétences?

Les Compétences techniques et comportementales pour les intervenants en usage de substances au Canada se veulent un guide modifiable selon la description de poste, le milieu de travail et la culture de l’organisation, et non un guide normatif.

Les compétences peuvent être utilisées pour une gamme d’activités, notamment :

  • rédiger et préciser des profils d’emplois;
  • interviewer des candidats et déterminer s’ils ont les qualités nécessaires;
  • concevoir des formations et des cours tenant compte des compétences;
  • évaluer le rendement professionnel;
  • identifier et évaluer ses besoins en perfectionnement professionnel;
  • mieux planifier la relève.

Les compétences s’adressent aux organismes de certification et de réglementation, qui pourront les utiliser en conjonction avec des normes complémentaires et des exigences fédérales, provinciales et territoriales. Elles ne viennent pas remplacer la réglementation clinique ni les lignes directrices sur les pratiques exemplaires.

Glossaire

Glossaire

Ce glossaire définit quelques termes clés utilisés dans les Compétences techniques et comportementales pour les intervenants en usage de substances au Canada. Les définitions tiennent compte du contexte dans lequel les professionnels qui travaillent avec des personnes qui consomment des substances offrent des services.

Aptitude

La capacité de réaliser des tâches mentales ou physiques, en vue d’obtenir un résultat d’emploi précis. Comme les connaissances, les aptitudes peuvent être des tâches très concrètes et facilement identifiables, comme remplir une liste de vérification pendant une entrevue d’évaluation, ou des tâches moins tangibles et plus abstraites, comme gérer la participation citoyenne. Les aptitudes aident à déterminer si la formation et l’expérience d’une personne l’ont préparée à accomplir une activité professionnelle spécifique.

Autogestion de la santé

Application continuelle et voulue de mesures, sur les plans personnel et professionnel, afin de protéger et de préserver son bien-être, particulièrement en périodes de stress.

Bien-être

Peut se définir comme l’expérience de la santé, du bonheur et de la satisfaction de vivre. Prend des formes variées, selon la personne. Le bien-être englobe une gamme d’indicateurs tels que la santé physique, affective et mentale, une vie ayant un sens et un but, des liens avec autrui et la capacité à gérer son stress.

Connaissances

Savoir, information et compréhension des faits, des règles, des principes, des lignes directrices, des concepts, des théories et des processus nécessaires pour accomplir une tâche avec succès.

Dépistage (voir aussi Évaluation)

Bref procédé initial pendant lequel sont utilisés des instruments de dépistage lors d’une consultation avec une personne concernant son usage de substances et toute inquiétude connexe.

Éclairé par des données probantes

Approches de la prestation de services guidées par la meilleure recherche disponible et les connaissances tirées de la pratique, y compris le savoir traditionnel intégré pour des services culturellement appropriés. Les approches éclairés par des données probantes laissent place à l’innovation, tout en intégrant les connaissances tirées de la littérature de recherche existante et en étant sensibles aux antécédents culturels, aux valeurs communautaires et aux préférences individuelles. Les pratiques factuelles sont des pratiques validées par des données scientifiques documentées.

ENE (expérience négative durant l’enfance)

Une expérience négative durant l’enfance (ENE) est un événement négatif, stressant et traumatisant qui survient avant l’âge de 18 ans et qui peut poser un risque pour la santé pendant toute la vie (Initiative albertaine pour le bien-être de la famille, 2020; consulté sur le site : https://www.albertafamilywellness.org/what-we-know/aces). Quelques exemples d’ENE : violence ou négligence physique ou émotionnelle, violence sexuelle et dysfonctionnement familial. Plus une personne a vécu d’ENE, plus elle risque d’avoir de la difficulté plus tard dans sa vie, y compris un risque accru d’usage de substances et de troubles de santé mentale comme la dépression.

Évaluation (voir aussi Dépistage)

Processus suivi et en profondeur qui éclaire la démarche thérapeutique. Le praticien collabore avec la personne et la consulte pour voir si un problème existe ou non; cerne les forces, les obstacles à l’engagement et les domaines de résilience; et détermine si une intervention en cas de crise ou si l’aide, l’intervention ou le traitement d’un spécialiste est nécessaire.

Famille (voir aussi Soutien social)

Personnes ou groupes qui forment une famille dans le sens habituel et dans un sens plus large qui comprend tous ceux et celles qui jouent un rôle important dans le passé, le présent ou l’avenir de la personne qui veut aller mieux et pouvant ou bien lui apporter du soutien ou influer sur ses objectifs de bien-être. Ces proches sont notamment les conjoints, les partenaires, les enfants, les parents, les frères et sœurs, les amis, les aînés autochtones et tous ceux et celles qui jouent un rôle actif dans le système de soutien social de la personne.

Maladie mentale

Déficience de santé mentale ou trouble psychiatrique diagnostiqué par un praticien spécialisé et nécessitant un traitement, souvent à l’aide de médicaments. Voir le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e édition, DSM-5).

Personne touchée par l’usage de substances

Personnes, familles, amis, groupes, communautés ou organisations qui cherchent à obtenir de l’aide et du soutien en vue de réduire les méfaits de l’usage de substances et d’atteindre le bien-être, tel qu’ils le conçoivent.

Personne ayant une expérience passée ou présente

Personne qui a consommé ou qui consomme une ou plusieurs substances.

Personnes

Peut faire référence à un individu, une famille, un ami, un groupe, une communauté ou une organisation.

Praticien spécialisé

Psychiatres, psychologues et autres cliniciens réglementés ayant une formation en santé mentale et en usage de substances qui sont en mesure de diagnostiquer et de traiter des troubles de santé mentale et d’usage de substances.

Rétablissement

Le rétablissement est un processus dynamique en vue d’atteindre un bien-être exempt de stigmatisation et de discrimination et propre à la personne, à ses forces, à ses cultures et à ses expériences. La collaboration entre des services de plusieurs niveaux, dont les communautés, les secteurs et les systèmes, favorise le rétablissement. Il ne se limite pas à la personne, mais concerne aussi la famille, les pairs et les milieux de travail. Le rétablissement est multidimensionnel et met en jeu tous les aspects de la santé physique, sociale, mentale, émotionnelle et spirituelle.

Santé mentale

Continuum de bien-être psychologique et affectif sur lequel peut se situer une personne de temps à autre sans forcément être atteinte d’une maladie mentale. L’Organisation mondiale de la Santé définit la santé mentale comme un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté.

Soins tenant compte des traumatismes et de la violence

« Les approches tenant compte des traumatismes et de la violence sont des politiques et des pratiques qui reconnaissent les liens entre les traumatismes, la violence et leurs répercussions négatives sur la santé et les comportements. Ces approches sont favorables à la sécurité, au contrôle et à la résilience pour les personnes à la recherche de services liés à des expériences de violence ou qui ont des antécédents de telles expériences. » (gouvernement du Canada, 2018; consulté sur le site : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/securite-et-risque-pour-sante/approches-traumatismes-violence-politiques-pratiques.html)

Soutien social (voir aussi Famille)

Personnes ou groupes qui composent des réseaux sociaux, aînés autochtones, systèmes communautaires et tous ceux et celles qui jouent un rôle important dans le passé, le présent ou l’avenir de la personne, et pouvant ou bien lui apporter du soutien ou nuire à ses objectifs de bien-être.

Traumatisme

Événements qui excèdent la capacité d’adaptation d’une personne. Il peut s’agir d’événements traumatisants vécus durant l’enfance (p. ex. maltraitance, négligence, exposition à la violence) ou plus tard dans la vie (p. ex. accidents, guerre, catastrophes naturelles). Voir aussi ENE et Soins tenant compte des traumatismes et de la violence.

Troubles concomitants de santé mentale et d’usage de substances

Combinaison ou cooccurrence d’un trouble d’usage de substances et d’un trouble de santé mentale. Quelques exemples de troubles concomitants de santé mentale et d’usage de substances :

  • Consommation néfaste d’alcool et trouble anxieux
  • Dépendance au cannabis et schizophrénie
  • Dépendance à l’héroïne et trouble de la personnalité limite

Usage de substances (ou consommation de substances)

Auto-administration d’une substance psychoactive. Dans les compétences du CCDUS, le terme « usage de substances » inclut les situations où des professionnels travaillent avec des personnes qui consomment ou ont consommé des substances, ont reçu un diagnostic de trouble lié à l’usage de substances ou subissent des méfaits liés à leur usage de substances. Voir les critères du trouble lié à l’usage de substances dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e édition, DSM-5).

Valeur

Concepts qui valorisent l’émotion, éclairent les choix ou font avancer l’action. Elles correspondent à des principes, des croyances ou des critères qui permettent de déterminer ce qui est bien (meilleur ou optimal), significatifs ou bien parmi une gamme d’objets, d’actions, de modes de vie ainsi que de structures et d’institutions sociales et politiques. Les valeurs jouent un rôle au niveau des personnes, des institutions et des sociétés entières

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